Cancer !

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Couverture du numéro 5 de Cancer !, janvier 2002

Cancer ! est une revue littéraire fondée par Johann Cariou et Bruno Deniel-Laurent en 2000 et arrêtée en 2004.

Liens avec Marc-Édouard Nabe

En octobre 2000, Cancer ! publie dans son deuxième numéro son premier article de Marc-Édouard Nabe, « La mort de Polac », dix jours après le débat organisé par Serge Moati dans son émission Ripostes entre l’écrivain et Michel Polac[1]. Après la publication d’Une lueur d’espoir, le numéro 5 de Cancer ! est illustré par une photo-montage représentant Oussama Ben Laden tenant le livre. Dans cette édition, Marc-Édouard Nabe et Maurice G. Dantec sont longuement interviewés séparément sur le 11-Septembre. Le 20 mars 2003, la jour de la guerre en Irak, où se trouve Marc-Édouard Nabe, un numéro hors-série de la revue intitulé « Tous à Bagdad ! » d’après l’éditorial signé par Nabe (repris en volume en 2004 dans J’enfonce le clou), apparaîtra en vérité comme un ensemble de textes plutôt pro-américains, mettant en valeur les positions de Maurice G. Dantec. Nabe s’en apercevra à son retour de Bagdad. Cancer ! réitèrera sinon la trahison, le détournement, en utilisant un portrait de Léon Bloy pour le hors-série suivant, spécial Bloy, donnant encore une fois la parole au récent bloyen, Dantec. La rupture définitive entre la revue et Nabe sera consommée au moment de la publication de Printemps de feu (septembre 2003), où le roman sera accablé de tous les maux par l’ensemble de la rédaction.

Citations

Nabe sur Cancer !

  • « Cancer ! était une petite revue de petits jeunes, d’abord sous forme de feuilles détachées dans des chemises de couleur. Mi-situ, mi-dada, le directeur Bruno Deniel-Laurent venait d’Angers. Ils étaient presque tous d’Angers, d’ailleurs, et ils étaient tous “nabisés” jusqu’au trognon. Toutes mes références y passaient : de de Roux à Léon Bloy, de Bernanos à Artaud, de Malcolm X à Gilbert-Lecomte, de Schuhl à Simone Weil... C’étaient des jeunes types qui hurlaient de lyrisme dans mon panthéon, ça faisait de l’écho. Ils se disaient surtout antipolitiques, fanatiques dandies, haïssant le militantisme... On sentait qu’ils s’étaient fait naître du Régal... Ils avaient bien tété à toutes mes « télés ». Ma diatribe à Jean-François Khan sur les mots dans Tapage, on la reconnaissait dans les éditos de Deniel-Laurent... Ils copiaient mon ton, mes formules, des textes de L’Infini aux articles de L’Éternité, en passant par mes pamphlets dans L’Idiot. Bref, une poignée de mignons en pleine indigestion de mes phrases... Mais pas seulement. Ils défendaient aussi Dantec. Moi j’étais « le bon » ; Dantec « la brute » ; et Renaud Camus « le truand »... Je leur avais donné déjà l’autorisation de reprendre mon texte La mort de Polac (riposte à Ripostes) dans leur n°2. Après Une lueur d’espoir, ils me recontactèrent et m’ouvrirent leur no 5, paru fin 2001... En couverture, un montage : Ben Laden arborant tout fier mon livre à sa gloire... Une idée de moi bien sûr, après un cafouillage qui ne laissait rien préfigurer de bon... En effet, au début, les cancéristes avaient demandé à mon webmaster Vignale de fabriquer un montage où on voyait Ben Laden à l’intérieur d’une télé cassée (message : Oussama n’était qu’un pantin de plus dans le cirque médiatique). Quand je vis le résultat, j’exigeai qu’ils détruisent leur couverture détournante et pervertissante et la remplacent par la mienne... » (Les Porcs tome 1, 2017, p. 40)

Intégration littéraire

Notes et références

  1. Marc-Édouard Nabe, « La mort de Polac », Cancer ! N°2, automne 2000.