L’Éternité

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L'Éternité est un mensuel fondé par Marc-Édouard Nabe, Pajak et Vuillemin en 1997 qui n'a duré que deux numéros, tiré à 30 000 exemplaires, publiés en février et en mars 1997. Les articles écrits par Nabe ont été repris dans ses recueils Oui et Non, parus en octobre 1998. L'écrivain est le principal rédacteur du journal, qui contient également des textes du Marquis de Sade, de Baudelaire, de Pie XII et de Mao Zedong[1]. Les dessins sont de Pajak et Vuillemin. Suite à un différend entre Pajak et Nabe, le numéro 3 est annulé (les textes prévus pour ce numéro se retrouveront dans le recueil Non, 1998). L’Éternité est une étape polémique de plus franchie par Nabe, par rapport à sa participation à L’Idiot international. Sans d’autres contraintes que sa propre volonté, l’écrivain y offre des textes plus longs, plus fouillées, plus illustrés également. Les thèmes d’actualité sont toujours brûlants : l’affaire Dutroux, les sans-papiers, le Rwanda et Jean-Marie Le Pen... Vuillemin également donne dans L’Éternité des dessins qu’il n’aurait jamais pu passer ailleurs et qu’il n’a pas pu reprendre ensuite. Quant à Pajak, c’est dans le numéro 2 qu’il publiera une anthologie de ses dessins politiques (100).

À noter : dès le premier numéro, L’Éternité est l’objet d’un procès en diffamation intenté par Gilles Tordjmann (voir pages 17 à 19), mais non à la direction du journal mais à la chaîne Canal+ qui a filmé les pages le concernant (voir article Frédéric Taddeï).

Sommaires

Numéro 1 (février 1997)

L’Éternité n°1
  • « Éditorial » (page 1)
Article de Marc-Édouard Nabe
  • « Mitterrand, l’imputrescible » (pages 2 et 3)
Article de Marc-Édouard Nabe, sur la mort de Mitterrand et sa discussion avec son voisin Houellebecq
  •  « Physiologie du mariage » (page 3)
Texte censuré de Balzac (illustré par un portrait de Balzac par Vuillemin)
  • « Luther, l’inventeur de la solitude » (pages 4 à 7)
Article de Frédéric Pajak
  •  « Pourquoi avoir peur de l’islam ? » (page 8)
Poème de Marc-Édouard Nabe, repris dans Non
  • « La concentration des forces »
Article de Mao Tsédoung
  • « L’affaire Dutroux » (page 9)
Dessin de Vuillemin représentant un policier emmenant un pédophile par des menottes, sauf que ce sont les mains de la petite fille qu’un monsieur tout nu, collé à elle et en train de la sodomiser, qui sont entravées
  • « Au nom du trou » (pages 10 et 11)
Article de Marc-Édouard Nabe sur l’affaire Dutroux
  • « Pauvre Belgique » (page 11)
Texte de Charles Baudelaire
  • « La nouvelle Justine » (page 12)
Texte du Marquis de Sade
  • « Dessins de nos enfants » (page 12)
Dessins réalisés par Manon, Gabriel et Alexandre (enfants de Pajak, Vuillemin et Nabe)
  • « Mon enfance » (page 13)
Article de Frédéric Pajak
  • « Les Nazis de la niaiserie » (page 14)
Article de Marc-Édouard Nabe sur les disciples de Guy Debord
  • « La diffusion du Bien » (page 15)
Allocution radiophonique de Pie XII de 1957
  • « Michel Field, le gros tas qui monte » (page 15)
Dessin de Vuillemin représentant l’animateur Michel Field comme un énorme ballon s’envolant dans le ciel, et lâché par une petite fille qui se moque de ses réflexions philosophiques
  • « Un ange trépasse » (page 17)
Conte de Marc-Édouard Nabe, repris dans K.-O. et autres contes
  • « Gilles Tordjman » (pages 17 à 19)
Trois pages où on peut lire sur la première (page de droite) : « Gilles Tordjman est un en- », puis que la seconde (page de gauche) « CU » et enfin la troisième (page de droite) « LÉ »
  • « Le Pen vous fait jouir » (page 20)
Article de Marc-Édouard Nabe, repris dans Non
Télécharger et lire le numéro 1 de L’Éternité

Numéro 2 (mars 1997)

L’Éternité n°2
  •  « Éditorial » (page 1)
Article de Marc-Édouard Nabe
  • « Le drame des sans papiers » (page 2)
Dessin de Vuillemin représentant un immigré en train de déféquer dans des toilettes à la turque et signant avec une croix à l’aide de son index maculé d’excrément une pétition graffitée sur le mur
  • « Y a bon Rwanda » (page 4 à 7)
Poème de Marc-Édouard Nabe
  • « Carole Bouquet et Lucie Aubrac » (page 8)
Dessin de Vuillemin représentant Carole Bouquet en train de pratiquer une fellation sur Raymond Aubrac, pendant le tournage du film de Claude Berri, alors que son épouse Lucie Aubrac les surprend
  • « De spectacules » (page 9)
Texte de Tertullien
  • « Prompteur n°1 » (page 9)
Aphorismes de Marc-Édouard Nabe, repris dans Non
  • « Le KGB des miettes »
Article de Marc-Édouard Nabe sur l’émission Arrêt sur images de Daniel Schneidermann
  • « Église Saint-Bernard : le petit noir d’Emmanuelle Béart a grandi» (page 11)
Dessin de Vuillemin représentant Emmanuel Béart cul nu et écrasée par le pied d’un énorme bébé africain, tétine à la bouche, et en train de la sodomiser. L’actrice au grand coeur dit : « Je ne trouve plus de couche à sa taille »
  • « Les cendres de Gandhi » (page 12)
Article de Marc-Édouard Nabe
  • « Oui à la non-violence ! » (page 13)
Texte de Mohandas Karamchand Gandhi
  • « L’enfer du Nintendo » (page 13)
Article de Marc-Édouard Nabe
  • « 100 dessins politiques » (page 14 à 23)
Dessins de Pajak
  • « La société des suicidés » (page 24)
Article de Marc-Édouard Nabe
  • « Les salauds du livre » (page 24)
Pièce de théâtre de Marc-Édouard Nabe
Télécharger et lire le numéro 2 de L’Éternité

Accueil critique

En Suisse, Lionel Chiuch mentionne la distribution helvète du journal, dans un article publié dans la Tribune de Genève et parle d'un « exercice de salubrité publique qui permettra peut-être à Marc-Edouard Nabe de s'affirmer pour ce qu'il est, l'écrivain-polémiste-diariste le plus jubilatoire de cette fin de siècle »[2]. Dans Le Figaro Magazine, Patrick Besson affirme qu'avec L'Éternité, « Nabe, avec sa verve assassine de condottiere méridional des lettres, mi-Suarès, mi-Lacenaire, y règle son compte à quelques pétitionnaires moutonniers et à pas mal de salauds du livre »[3].

Vuillemin interrogé sur L’Éternité en présence de Basile de Koch dans A vos kiosques de Christine Richard, France 3, février 1997

Échos

  • La parution de L'Éternité est signalée par Bernard Le Saux, dans un article paru L'Événement du jeudi en février 1997. Le journaliste le place dans la lignée d'Hara Kiri, de l'Idiot international et de Jean-Edern Hallier.
  • Delfeil de Ton, dans Le Nouvel Observateur, annonce également la sortie de l'Éternité dans sa rubrique hebdomadaire[4].
  • La parution du second numéro est indiquée dans Le Figaro, dans lequel les difficultés de publication sont évoquées par Nabe lui-même : « Je n'ai pas de frais de rédaction, dit-il, car j'écris tout moi-même. Mais cette économie ne m'empêche pas d'avoir des difficultés. Actuellement, je ne suis pas encore sûr de pouvoir faire paraître un nouveau numéro »[5].
  • En 2012, L'Éternité est mentionnée par Anthony Palou, dans Le Figaro, dans son article sur la réédition en anti-édition du premier livre de l'écrivain, Au régal des vermines[6].

Notes et références

  1. Bernard le Saux, « Nabe : moi, moi, moi, moi et moi », L'Événement du jeudi, février 1997, p. 72.
  2. Lionel Chiuch, « Marc-Édouard Nabe se donne “L'Eternité” pour tuer le temps », La Tribune de Genève, 25 mars 1997, p. 38.
  3. Patrick Besson, « Le plateau télé de Patrick Besson », Le Figaro Magazine, 12 avril 1997
  4. Delfeil de Ton, « Haïr ensemble », Le Nouvel Observateur, 13 février 1997
  5. « Telex », Le Figaro, 10 mai 1997.
  6. Anthony Palou, « Ces livres qui ont fait scandale - “Au régal des vermines” », Le Figaro, 2 août 2012, p. 20, lire : http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2012/08/01/10001-20120801ARTFIG00435-au-regal-des-vermines.php