François Rilhac

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François Rilhac avec Jean-Pierre Lindenmeyer (à gauche), à Marseille en 1983

François Rilhac est un pianiste né le 1er août 1960 et mort le 3 septembre 1992, à Paris[1].

Enfant prodige du jazz, François Rilhac, avant ses quinze ans, est déjà un pianiste virtuose. En 1978, il se fait remarquer par Philippe Petit, un musicologue qui le fait venir dans une émission de télévision pour représenter et expliquer le jazz aux téléspectateurs (Rilhac a 17 ans). À la fin des années 1970, Jean-Louis Longnon l’engage dans son ensemble. À partir de 1981, Rilhac travaille régulièrement avec Marcel Zannini, avant de créer son propre ensemble en 1987, le « François Rilhac Harlem Jazz ». Malade, dépressif, Rilhac finira par se suicider en septembre 1992, à l’âge de 32 ans.

François Rilhac, le 12 juin 1987.

Liens avec Marc-Édouard Nabe

Marc-Édouard Nabe et François Rilhac se sont rencontrés à la fin des années 1970 où ils jouaient ensemble (l’un à la guitare, l’autre au piano) dans le Big Band de Roger Guerin. C’est ainsi que Marcel Zannini, accompagnant son fils lors des répétitions, remarque le jeune pianiste et l’engage aussitôt dans son orchestre avec Sam Woodyard. Nabe les rejoindra plus régulièrement après son service militaire, en 1981. Rilhac sera un des proches de Nabe, assistant à sa naissance en tant qu’écrivain, et partageant de nombreuses complicités musicales. En juillet 1983, devant Nabe qui le racontera dans son journal, François Rilhac joue au festival de Nice, dans une jam session avec Jaco Pastorius à la basse[2]. Le jeune pianiste est copieusement intégré dans le journal intime et Nabe en fait un éloge dans son roman, Alain Zannini (2002). Rilhac sera présent dans plusieurs émissions de télévision où Nabe et lui joueront avec Zanini (Jack Diéval 1983, Du côté de chez Fred, 1989).

Ensemble, ils enregistreront plusieurs disques (avec Marcel Zannini, Sam Woodyard). Marc-Édouard Nabe a écrit également la pochette d’un disque de François Rilhac, qu’il surnomme le « Viking du Stride » (le texte a été repris en 1998 dans Oui). Jusqu’à sa mort, Rilhac restera attaché à la famille Zannini, et Nabe le soutiendra fidèlement.

Citations

Rilhac sur Nabe

  • « Tu es comme Monk. On croyait qu’il faisait des accords faux alors que c’étaient des harmoniques inouïes. On croit que tu dis des conneries, et puis c’est la vérité. » (25 septembre 1986, retranscrit dans Inch’Allah, 1996, p. 1797)

Nabe sur Rilhac

  • « Physiquement, François Rilhac est un Viking. Sa tête est un croisement heureux : il a la chevelure de Mireille Darc et le visage de Charles Laughton. Plus la barbe ! Le Steinway est son drakkar. Il se jette sur tout piano. Dès qu’il voit le Viking, l’instrument se fait petit, il essaie de rentrer dans un trou de souris. On le voit sur la pointe des pédales danser vers la sortie... Trop tard ! Le Viking l’a vu. Il se jette sur lui comme un cow-boy sur le taureau qu’il veut marquer. L’animal se débat un peu, puis renonce. Les pattes liées, la gueule ouverte, il offre son dentier aux mains du géant blond. Le piano sourit jaune. Le Viking esquisse trois accords. Il lui pompe tout. » (Quatrième de pochette du premier disque de François Rilhac, Megalo piano stride, septembre 1986, repris dans Oui, p. 22)
Pochette du disque Megalo piano stride, caricature de Boss
  • « Ah ! François ! C’était le jazzman le plus fort de ma génération, un pianiste pareil, personne ne voulait le croire... Une énergie, d’accord, c’est courant, mais une authenticité dans le swing, à ce point-là, pour un jeune Français blanc, c’est rarissime. Son esbroufe était offensive. Il la ramenait uniquement pour faire chier les snobs. Art Tatum revivait dans ses doigts, comme si c’étaient ceux qu’on a l’impression de voir courir, invisibles, sur les touches d’un piano mécanique, sauf que lorsque François jouait, ça n’avait rien de mécanique... La joie de vivre était sa raison d’être. François, dès l’âge de vingt ans, aurait pu devenir un précieux pianiste néo-bop à la mode, bien sage caresseur de claviers roses, bien poli madame, en se rasant un peu et en se coupant les cheveux. Mais non ! Il avait choisi la voie où on ne peut pas cacher qu’on ne sait pas swinguer (le “Stride”, ça s’appelle), et il avait foncé. » (Chapitre 23 « L’espoir », Alain Zannini, Éditions du Rocher, 2002, p. 267)

Intégration littéraire

Notes et références

  1. « François Rilhac », JazzArcheology.com, 26 août 2017, lire : http://www.jazzarcheology.com/francois-rilhac/
  2. Marc-Édouard Nabe, Nabe’s Dream, Éditions du Rocher, 1991, p. 45.