Gébé

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Gébé, 1983

Georges Blondiaux, dit Gébé, est un dessinateur né le 9 juillet 1929 à Villeneuve-Saint-Georges et mort le 5 avril 2004 à Melun.

Liens avec Marc-Édouard Nabe

En août 1974, Marc-Édouard Nabe tape à la porte de la rédaction d’Hara-Kiri pour y proposer ses dessins réalisés durant l’été. Il est accueilli par Georges Wolinski qui appelle Gébé, rédacteur en chef, qui en choisit plusieurs pour les publier dans le mensuel. Admirateur de l’œuvre de Gébé depuis son enfance, Nabe lui est resté fidèle jusqu’au bout : en 1989, lorsque Nabe publie dans L’Idiot international de Jean-Edern Hallier, il demande que ses textes soient systématiquement illustrés par Gébé. En 1999, le dessinateur réalise la couverture du recueil d’interviews, Coups d’épée dans l’eau, publié aux Éditions du Rocher.

Citations

Gébé sur Nabe

  • « S’il faut en arriver là ! Je te trouve très beau, Nabe. Tu es très fin, magnifique... Pourquoi te voir ainsi ? » (à propos de l’auto-portrait de Nabe dans Au régal des vermines ; Tohu-Bohu, 1993, p. 1036)
Nabe par Gébé (dessin pour illustrer l’article « Un idiot dans la forge », L’Idiot international, 1989)

Nabe sur Gébé

  • « Lundi 26 mars [1984]. — [...] Gébé, lui, est le plus “humain” d’Hara-Kiri, le plus étrange aussi. Son style et son trait m’ont toujours impressionné d’élégance. On ignore à quel point ses dessins humoristiques du début sont parmi les plus profonds. Lui aussi regrette que j’aie arrêté. Si doué ! Le dernier puriste du dessin ! Et si jeune !... J’étais en effet intransigeant sur le dessin humoristique : rétif à toute anecdote B.D. ou graphisme pseudo-artistique, ma puberté prit la forme du dessin coup-de-poing sans commentaire. Après un an de publication, la corde était cassée, j’étais déjà entré en peinture. Gébé l’a bien compris. Nous parlons littérature. Je dis à Gébé : “J’ai changé de fusil mais pas d’épaule.” Il remarque à quel point la période est à la mièvrerie, à la “gentillesse”, Charlie Hebdo est bien enfoui... Au siècle dernier j’aurais eu plus de chance pour placer une chronique vitriolique : il n’y a plus de journaux, nous sommes d’accord ! Plus de grands journalistes : eux furent les derniers. Gébé apprécie beaucoup les nouvellistes et trouve que ça se rapproche beaucoup du dessin humoristique : en effet, il m’arrive en ce moment même de puiser dans mes anciens dessins pour trouver des images. Gébé — si je veux — serait prêt à me publier quelques-uns de mes contes dans Hara-Kiri. Retour aux sources ? Je ne sais pas... En tout cas, j’aimerais lui faire lire Rubis, à lui et autres (Wolinski, Cavanna) : peut-être auront-ils une idée d’éditeur... Après ce moment bouillant Gébé me fait promettre de passer les voir un de ces mardis, comme au bon vieux temps... (Nabe’s Dream, 1991, pp. 343-344)
  • « L’enterrement de Gébé, je n’y étais pas. C’était au-dessus de mes forces de risquer d’y voir toute la bande, Val, Biard, Charb, Riss, Luz, Maris, Fourest, devant la tombe du père de Berck... Beurk ! Non merci. Ce jour-là, j’ai préféré faire de la balançoire tout seul, accroché à la branche d’un des plus grands baobabs de ma jeunesse. (Patience 2, anti-édité, 2015, p. 64)

Intégration littéraire

Notes et références