Lucien Rebatet

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Lucien Rebatet, 1942

Lucien Rebatet est un journaliste et écrivain né le 15 novembre 1903 à Moras-en-Valloire et mort le 24 août 1972 dans la même ville.

Liens avec Marc-Édouard Nabe

En novembre 1983, Marc-Édouard Nabe lit le roman de Rebatet publié en 1952, Les Deux Étendards :

« Lecture des Deux Étendards. Ça sonne formidablement bien. Ça sonnera de mieux en mieux. L’avenir se ruera sur un tel livre. Cette espèce de lyrisme pataud, ces trois personnages, ce pubérisme est magnifique. Dans les cinquante premières pages, tout est placé : l’autobiographie et le romanesque dans un mélange étrange d’habileté et de gaucherie rhétorique. Et quel sujet ! Dieu, cheval de Troie de l’Amour ! Évidemment ce n’est pas Céline, mais dans son classicisme un peu voyou, Rebatet excelle. C’est très difficile de se détacher de ce vaudeville mystique, on est comme entraîné par cette rhétorique fluide et gauche à la fois.[1] »

Dès le 16 février 1985, lendemain de l’émission Apostrophes, Véronique Rebatet (avec qui il était en correspondance téléphonique depuis de longs mois) appelle Marc-Édouard Nabe pour le féliciter d’avoir défendu son mari[2]. Un mois plus tard, dans un accès de colère, elle affirme, par téléphone, à Nabe : « Vous n’avez tout de même pas la prétention de vous croire fasciste ? Moi, je peux vous l’affirmer, monsieur : vous n’êtes pas fasciste ![3] » Ils se réconcilieront grâce à une lettre personnelle d’Hélène à Véronique, prolongeant leur relation amicale jusqu’à la mort de madame Rebatet.

Pendant toute la « période Régal », Nabe collectera documents inédits, articles perdus, témoignages auprès de contemporains sur Lucien Rebatet. À noter : l’éditeur Dominique Gaultier, directeur du Dilettante, mettra à son catalogue (qui comprend déjà 5 titres de Nabe) deux livres de Rebatet : Lettres de prison (1993) et la réédition des Épis Murs (2011). C’est Nabe qui confiera à Éric Neuhoff, le directeur de la rédaction de la revue éphémère Rive droite, un article peu connu de Rebatet analysant le cinéma de Pasolini. Ce texte, pourtant non incongru dans cette revue franchement droitière, créera une polémique dans le Saint-Germain gauchiste qui n’a pas toléré qu’on publie du Rebatet, même en tant que critique de cinéma élogieux sur un réalisateur marxiste...

Citations

Nabe sur Rebatet

  • « Lucien Rebatet n’est plus un problème : c’est une question. On pardonne à Morand, Bernanos, Giraudoux, Jouhandeau, comme à Voltaire, Dostoïevski, Wagner et tous les autres d’avoir été farouchement antisémites. Même Drieu s’est fait pardonner, Brasillach aussi. Rebatet : zéro. Faut-il qu’il ait été fort pour conserver jusqu’au Paradis la noblesse d’un tel pêché ! C’est lui le meilleur des trois. Il ne bénéficie d’aucun romantisme attaché à son nom ou à sa personne. C’est le Salaud inexpiable, la Raclure, le Traître par excellence : quel rêve ! Les plus maudits font, près de lui, figures d’académiciens » (Au régal des vermines, anti-édité, 2012 (1985), p. 154)
  • « Est-ce que qu’on sait que Rebatet a écrit le plus grand roman de l’après-guerre, qui s’appelle Les Deux Étendards ?... Alors expliquez-nous pourquoi personne ne parle des Deux Étendards, à notre époque ? » (Apostrophes, Antenne 2, 15 février 1985)

Intégration littéraire

Notes et références

  1. Marc-Édouard Nabe, Nabe’s Dream, Éditions du Rocher, 1991, p. 158.
  2. Marc-Édouard Nabe, Tohu-Bohu, Éditions du Rocher, 1993, p. 829.
  3. Marc-Édouard Nabe, Tohu-Bohu, Éditions du Rocher, 1993, p. 922.