Pier Paolo Pasolini

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Pier Paolo Pasolini

Pier Paolo Pasolini est un cinéaste, poète et romancier italien né le 5 mars 1922 à Bologne (Italie) et mort le 2 novembre 1975 à Ostie (Italie).

Liens avec Marc-Édouard Nabe

Marc-Édouard Nabe intègre Pasolini dans sa littérature dès 1983 dans son journal intime, avant de publier dans L’Idiot international « Pasolini devant les cochons ». Le personnage et l’oeuvre cinématographique de Pasolini se retrouvent abondamment dans les descriptions de films qu’a faites Nabe ainsi que dans l’analyse de sa pensée politique. En 2016, Nabe réalise dans sa galerie rue Frédéric Sauton une série de portraits de Pasolini, notamment mort assassiné sur la plage, qui sont montrés au public qu’en 2019 dans « Galerie virtuelle » de l’écrivain, qui expose les « Grands Pédés » (portraits des artistes homosexuels préférés de Nabe).

Citations

Nabe sur Pasolini

  • « Alors ça, c’est pas du cinéma de quartier, bordel ! Fatche de nœuds ! Il y en a à dire sur ce film ! L’encre a d’ailleurs coulé pendant des années sur lui, se mélangeant bientôt au sang de P.P.P. lui-même. Testament, chef-d’œuvre, virage, trahison, navet, blasphème... J’entends encore les échos, Pasolini impassible cadavre massacré. Un film insoutenable, réalisé par un cinéaste en bouillie. Quel chance pour Pasolini ! Le seul grand artiste tragique de cet mineur ! Artaud filmeur, c’est lui ! » (Nabe’s Dream, Éditions du Rocher, 1991, p. 228, à propos de Salò)
  • « Régulièrement, Pasolini est déchiqueté par les chacals français. Les notables soixante-huitards ne comprennent rien et font semblant de s’intéresser à Pasolini parce qu’ils ont cru en être les contemporains. Sous prétexte que je lui avais passé devant dans la queue, une vieille conne de 50 ans m’a engueulé aussi pompeusement qu’une fan de Pierre-Richard Wilm venu revoir les films de sa jeunesse. Ah ! Les faux pasoliniens ! Je les vois tous en vautours à lunettes tournant autour du cadavre de Pier Paolo fracassé sur la plage d'Ostie… Cette fois ils ont traîné sa dépouille en momie, empaquetée par les bandelettes de tous ses films sous la pyramide du Louvre ! Ce monument débile ! Hall d’aéroport d’où rien ne décollera jamais. Et en avant les colloques, les séminaires, les tablées de réflexion par les plus scolaires pontes !… C’est la n-ième rétrospective Pasolini. J’ai même entendu des critiques professionnels avouer qu’ils voyaient pour la première fois les sketches chaplinesques ! Ils découvrent La Terre vue de la lune ! En 1989 ! Ah ! Ils font bien leur métier… Il y a longtemps moi que j’ai fait enregistrer tout ça par ma mère sur son magnétoscope ! C’est déjà bien en boîte, vu, revu, ralenti, étudié avec amour…» (« Pasolini devant les cochons », L’Idiot international n°8, 28 juin 1989)
  • « Pasolini, prophète assassiné vingt-quatre heures après la sortie de son film qui l’avait condamné à mort, avait anticipé ce qui se passe maintenant. Son idée de transposer Les 120 Journées pendant une période tortionnaire contemporaine était, bien sûr, visionnaire et tout à fait dans l’esprit et la volonté de Sade. Le Marquis, enfermé lui-même dans son abou ghraibienne Bastille, voyait (à travers ses barreaux) que c’était au nom des Lumières et de la Liberté que les pires horreurs se commettaient. L’idéologie humaniste n’empêche pas ceux qui ont le pouvoir de faire du “fascisme”. Les Américains en Irak aussi abusent de cette “anarchie du pouvoir” mise en scène par Sade et Pasolini. Rien n’a changé. S’il vivait aujourd’hui, il choisirait sans doute d’illustrer les atrocités du château de Bagdad par Les 120 Journées de Sodome, car à Salò, ça ne se passait pas du tout comme ça, alors qu’à Abou Ghraib, si ! » (« Glissements progressifs de la démocratie », J’enfonce le clou, 2004, pp. 197-198)

Intégration littéraire

Portraits

Portraits de Pasolini sur le site de Marc-Édouard Nabe

Notes et références