Charlie Parker

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Charlie Parker

Charlie Parker est un musicien de jazz né le 29 août 1920 à Kansas City et mort le 12 mars 1955 à New York.

Liens avec Marc-Édouard Nabe

Après l’avoir rencontré à New York en 1954, Marcel Zannini, père de Marc-Édouard Nabe, a été le dernier à prendre Charlie Parker en photo une semaine avant sa mort, le 4 mars 1955, dans un dernier concert donné au Birdland, resté depuis mythique :

« La soirée avait mal commencé, Parker et Blakey étaient arrivés en retard. Bud Powell semblait complètement absent. Après avoir joué l'introduction de “Little Willie Leaps”, il s'arrêta brutalement et tourna le dos au piano. Parker, Mingus et Blakey, en trio, ont joué le blues, dans l'indifférence générale. Moi, j’étais fasciné. Ils jouaient avec un volume... comme des dingues ! c'était fantastique. “Bird” venait d'improviser pour la dernière fois en public. Quelques jours plus tard, j'apprenais sa disparition... »

Zannini côtoya donc le jazzman durant ses années new-yorkaises, comme le racontera plus tard à Jean Buzelin, par exemple une soirée au Métropole, où Parker, après l’avoir empruntée au père de Nabe, joue sur sa clarinette :

« Il y avait Cliff Jackson au piano, Joe Thomas à la trompette, Sonny Creer était à la batterie. La prestation de Charlie Parker sera de courte durée, interrompue par le patron de la boîte furieux qui s'écrie “foutez-moi ce clochard dehors !”, ignorant sans doute la véritable identité de ce clochard de génie ! Nous sommes sortis pour nous rendre dans le bar d'en face. Si j'avais de l'argent, je te paierais à boire, me dit-il. Je n'avais qu'un seul dollar sur moi. Je commande donc une bière, pensant que c'était la boisson la moins chère ! Charlie Parker m'interrompt : “Il sait ce que je veux !” Le barman lui sert alors un Bourbon dans un petit verre à liqueur. Avec mon dollar, je pouvais lui en offrir trois... Avant que ça se gâte, je lui ai dit au revoir. »

Parker est une des grandes influences artistique et musicales (et permanente) de Nabe, présente dans son journal intime, dans Zigzags et dans des articles publiés dans Paris-Match (à l’initiative de Jean-Dominique Bauby) et Jazzman (à l’initiative d’Alex Dutilh et de François Lacharme).

Citations

Nabe sur Parker

  • « Parker avait le plus gros son du monde : c’était des outres énormes, rondes et gonflées comme des bonbonnes qui jaillissaient dans l’atmosphère par saccades géniales. On aurait dit une hémorragie artérielle. » (« Petite vue bop », Zigzags, 1986, p. 64)
  • « Je suis sûr de passer à la postérité. On parlera de moi plus tard (et on me présente déjà comme tel) comme étant le fils du type qui a pris les dernières photos de Charlie Parker. Combien de milliers d'yeux ai-je vu s'exorbiter quand mon père raconte ce qu'il a vu ce soir-là, le fameux dernier concert de Bird au Birdland, quelques jours avant sa mort. Les types ont dû se faire répéter cent fois l'histoire, et tout le monde connaît ses photos stupéfiantes. ces quelques documents où l'on voit Parler souffler dans son dernier chorus, Bud Powell prostré devant le clavier, la basse de Mingus sans Mingus et le regard effrayé d'Art Blakey ont fait couler assez d'encre et de bave ensemble pour que je m'y roule encore, moi pourtant si concerné. » (« Birdland », Zigzags, 1986, p. 134)
  • « Quand Parker commence à jouer, on dirait que votre oreille vient d’envoyer un coup de pied dans une ruche. Mille et une abeilles se précipitent furieuses sur votre âme. Vous ressortez du solo avec la tête d’Elephantman. Bien fait ! Le jour où l’on comprendra que le jazz n’est pas une plaisanterie... » (« Feu l’oiseau », Paris Match, 3 juin 1988, repris dans Marc-Édouard Nabe, Oui, 1998, pp. 76-78)
  • « Charlie Parker n’avait qu’un souci : être reconnu comme étant Charlie Parker et non comme un type qui vit la vie de Charlie Parker en attendant que Charlie Parker meure et que le monde entier puisse enfin reconnaître qu’il avait été Charlie Parker » (« Les mille et une métamorphoses de Charlie Parker, Jazzman n°9, décembre 1995, repris dans Oui, 1998)
  • « Qu’est-ce qu’il y a donc dans un solo de Charlie Parker ? Des danses d’enfants blessés, ça c’est sûr. Et aussi des luges pleines d’esquimaux fous fonçant dans la nuit polaire, et des torrents de fleurs rouges. J’y vois et j’y entends également des acrobaties d’ours aveugles qui se balancent du haut de trapèzes électriques. Et surtout des chutes du Niagara en plein salon et des tremblements de montagnes sur la Lune. Un solo de Charlie Parker, c’est un trou noir illuminé par des feux de Bengale, et des bagarres au fond de la mer entre cinq cent mille poissons pris de fou rire ! C’est un orage de larmes qui s’abat sur une seule petite fille. Un solo de Charlie Parker, c’est avant tout un duel d’araignée sur la neige et beaucoup de baisers de tigre sur votre corps crucifié. » (« L’Oiseau de Dieu », Jazzman n°111, mars 2005)

Intégration littéraire

Portraits

Notes et références