Pierre Repp : Différence entre versions
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Nabe se souviendra de Repp dans ses [[:Catégorie:Journal intime|journaux intimes]], le rangeant sans hésiter dans les créateurs de langage les plus originaux, entre [[Lewis Caroll]] et [[James Joyce]], bien que sur un mode soi-disant « humoristique ». | Nabe se souviendra de Repp dans ses [[:Catégorie:Journal intime|journaux intimes]], le rangeant sans hésiter dans les créateurs de langage les plus originaux, entre [[Lewis Caroll]] et [[James Joyce]], bien que sur un mode soi-disant « humoristique ». | ||
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* « Pour finir, je trouve les monologues bafouillés de Pierre Repp retranscrits dans une brochure d’une modestie adorable qui me font rire comme au temps (1975) où, accompagnant (au trombone) [[Marcel Zannini|Marcel]] tous les soirs au Don Camillo, je partageais la loge de ce personnage étonnant qui trébuchait impeccablement sur les mots et dont bien des linguistes soi-disant distingués pourraient tirer des enseignements. Repp, auteur du génial “Marni Zanicel” dont il affublait Papa, est l’exemple type des génies de série B que j’adore... Son truc, ce n’est pas le bafouillage mais le renversement de syllabes (pas forcément contrepètrique) : exactement comme certains be-boppeurs. Repp est très musicien. Il déraille tellement qu’il préfère changer de voie sans arrêt... Je l’ai vu faire. Il m’avait impressionné en se lançant dans la ''Recette du bœuf mironton'', butant sur chaque mot, d’une manière très étudiée... Tout en avancée swinguante dans le discours ébouriffant... Repp, c’est un [[Slim Gaillard]] blanc ! Je n’entendais pas tout à l’époque. Aujourd’hui que j’ai le texte sous les yeux, je peux suivre a posteriori sa partition : “handipaquer” ; “un tournant cédisif” ; “un beau larpeur... beau parbeur” ; “en face de la gare Saint-Zalare... en farce de Lazare”... Des choses comme ça me plaisent beaucoup ! Il fallait le voir avec sa tronche de mégot débiter, l’air martyr, ses histoires pénibles et subtiles. » (''[[Tohu-Bohu]]'', 1993, p. 1472) | * « Pour finir, je trouve les monologues bafouillés de Pierre Repp retranscrits dans une brochure d’une modestie adorable qui me font rire comme au temps (1975) où, accompagnant (au trombone) [[Marcel Zannini|Marcel]] tous les soirs au Don Camillo, je partageais la loge de ce personnage étonnant qui trébuchait impeccablement sur les mots et dont bien des linguistes soi-disant distingués pourraient tirer des enseignements. Repp, auteur du génial “Marni Zanicel” dont il affublait Papa, est l’exemple type des génies de série B que j’adore... Son truc, ce n’est pas le bafouillage mais le renversement de syllabes (pas forcément contrepètrique) : exactement comme certains be-boppeurs. Repp est très musicien. Il déraille tellement qu’il préfère changer de voie sans arrêt... Je l’ai vu faire. Il m’avait impressionné en se lançant dans la ''Recette du bœuf mironton'', butant sur chaque mot, d’une manière très étudiée... Tout en avancée swinguante dans le discours ébouriffant... Repp, c’est un [[Slim Gaillard]] blanc ! Je n’entendais pas tout à l’époque. Aujourd’hui que j’ai le texte sous les yeux, je peux suivre a posteriori sa partition : “handipaquer” ; “un tournant cédisif” ; “un beau larpeur... beau parbeur” ; “en face de la gare Saint-Zalare... en farce de Lazare”... Des choses comme ça me plaisent beaucoup ! Il fallait le voir avec sa tronche de mégot débiter, l’air martyr, ses histoires pénibles et subtiles. » (''[[Tohu-Bohu]]'', 1993, p. 1472) | ||
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Pierre Bouclet, dit Pierre Repp, est un humoriste et comédien né le 5 novembre 1909 à Saint-Pol-sur-Ternoise et mort le 1er novembre 1986 au Plessis-Trévise.
Sommaire
Liens avec Marc-Édouard Nabe
Marc-Édouard Nabe, à l’âge de 18 ans, rencontre Pierre Repp dans les loges du célèbre cabaret « Don Camillo » dans lequel son père et Repp se produisent, avec d’autres (Gérard Séty, André Aubert, Max Fournier, Jean Valton, Jean Le Poulain, Jean-Louis Blèze...). Le futur Nabe est pour l’heure tromboniste et se joint au trio-maison qui accompagne son père sur scène. Nabe et Repp sympathisent, et déjà l’auteur en herbe d’Au régal des vermines s’intéresse à la virtuosité langagière de l’humoriste. Dans une émission de radio, Saltimbanques, animée par Jean-Louis Foulquier en 1977, Nabe fait inviter par son père, qui est la vedette ce jour-là, deux de ses admirations de jeunesse : Bernard Dimey et Pierre Repp.
Nabe se souviendra de Repp dans ses journaux intimes, le rangeant sans hésiter dans les créateurs de langage les plus originaux, entre Lewis Caroll et James Joyce, bien que sur un mode soi-disant « humoristique ».
Citations
Nabe sur Repp
- « Pour finir, je trouve les monologues bafouillés de Pierre Repp retranscrits dans une brochure d’une modestie adorable qui me font rire comme au temps (1975) où, accompagnant (au trombone) Marcel tous les soirs au Don Camillo, je partageais la loge de ce personnage étonnant qui trébuchait impeccablement sur les mots et dont bien des linguistes soi-disant distingués pourraient tirer des enseignements. Repp, auteur du génial “Marni Zanicel” dont il affublait Papa, est l’exemple type des génies de série B que j’adore... Son truc, ce n’est pas le bafouillage mais le renversement de syllabes (pas forcément contrepètrique) : exactement comme certains be-boppeurs. Repp est très musicien. Il déraille tellement qu’il préfère changer de voie sans arrêt... Je l’ai vu faire. Il m’avait impressionné en se lançant dans la Recette du bœuf mironton, butant sur chaque mot, d’une manière très étudiée... Tout en avancée swinguante dans le discours ébouriffant... Repp, c’est un Slim Gaillard blanc ! Je n’entendais pas tout à l’époque. Aujourd’hui que j’ai le texte sous les yeux, je peux suivre a posteriori sa partition : “handipaquer” ; “un tournant cédisif” ; “un beau larpeur... beau parbeur” ; “en face de la gare Saint-Zalare... en farce de Lazare”... Des choses comme ça me plaisent beaucoup ! Il fallait le voir avec sa tronche de mégot débiter, l’air martyr, ses histoires pénibles et subtiles. » (Tohu-Bohu, 1993, p. 1472)
Intégration littéraire
- Tohu-Bohu (1993)