Yves Loffredo

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Yves Loffredo, à la galerie Nabe (2016)

Yves Loffredo est un publicitaire né le 10 janvier 1966 à Bourg-la-Reine.

Liens avec Marc-Édouard Nabe

Marc-Édouard Nabe rencontre une première fois Yves Loffredo en 1999, avec Kemal Ould Mohamedou et Frédéric Beigbeder, chez Castel, avant de le retrouver en 2005 au Petit Journal (boîte de jazz où se produit régulièrement Marcel Zannini, accompagné par Nabe à la guitare rythmique)[1]. À partir de 2006, Loffredo réalise, avec son assistant Thomas Moulin, les maquettes des tracts, ainsi que leur illustration (des montages en noir et blanc, inspiré par la couverture de l’album des Clash, Give ‘em enough rope, dont Loffredo reprendra l’esprit dans ses conceptions publicitaires).

À gauche, la pochette de l’album Give ‘em enough rope (1978). À droite, l’illustration du tract Zidane la racaille (2006)

Dans la seconde moitié des années 2000, Loffredo se rapproche de Salim Laïbi, réalisant même un film de deux heures tourné à Saint-André en juillet 2007, « Mystère Salim ».

En 2010, Yves Loffredo, le « directeur artistique » de l’anti-édition, titre « honorifique » attribué par Nabe en référence à son activité de publicitaire, réalise sur les indications de l’écrivain mêlées à ses propres réflexions la couverture de L’Homme qui arrêta d’écrire, puis des autres ouvrages anti-édités de l’écrivain. Après L’Homme (2010), L’Enculé (2011) et la réédition du Régal (2012), en 2013, Loffredo suit attentivement l’écriture du livre contre le complotisme, d’autant plus qu’il sert à Nabe d’« indic » dans le monde de la « dissidence » où Loffredo assiste, par son rapprochement avec Laïbi, Dieudonné, Soral, Faurisson, à des scènes qui nourriront le pamphlet de Nabe.

En 2014, en pleine préparation du premier numéro de Patience, Loffredo tente de retoucher dans le dos de Nabe les illustrations du magazine, ce qui était en contradiction avec le concept de véracité totale des images publiées. Nabe s’en aperçoit, rectifie les pages et se fâche avec Loffredo, qui est écarté de l’équipe qui entoure Nabe, avant d’y être réintégré à l’époque de la « galerie Nabe », rue Frédéric Sauton, en 2015.

À l’issue de la rédaction des Porcs, en 2016, Loffredo prend une part active dans la relecture et les corrections mêmes du livre, à la galerie, en précisant certaines anecdotes, dont il avait pris note dans ses carnets personnels, et qu’il avait vidées auprès de Nabe et son équipe en toute conscience, sachant qu’elles allaient être intégrées dans le texte. C’est Loffredo qui traite également pour Nabe avec l’imprimeur allemand Kossel, s’engageant à avancer le paiement du papier avant l’impression du livre prévu début 2017. La proximité de Loffredo avec Marc-Édouard Nabe est également démontrée dans la série des « Éclats de Nabe » ainsi que dans les témoignages de proches de l’écrivain.

Le 22 décembre 2016, le premier tome des Porcs étant achevé, Nabe envoie aussitôt le manuscrit à Loffredo pour qu’il en vérifie la mise en page. Celui-ci réagit très mal à la lecture des passages le concernant, dont la plupart des contenus et des formulations lui étaient parfaitement connus. Nabe lui demande de venir à la galerie pour qu’ils en discutent. Fin de non-recevoir. La réponse de Loffredo est judiciaire : le 17 janvier 2017, un huissier se rend à la galerie pour remettre « en main propre » une assignation en référé à Marc-Édouard Nabe, après un dépôt de plainte d’Yves Loffredo pour injure et atteinte à la vie privée. Malgré une tentative de réconciliation par un mail de Nabe à Virginie, la compagne de Loffredo, Yves Loffredo maintient sa plainte et l’audience se déroule à Paris le 20 janvier, présidée par le juge Rondeau. La défense d’Yves Loffredo (absent de l’audience) est assurée par maître Nicolas Brault, tandis que Marc-Édouard Nabe se présente et se défend seul.

Le 10 février 2017, Marc-Édouard Nabe est condamné : il doit retirer trois passages de quelques lignes du manuscrit et payer 2 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile et un euro à titre de provision en réparation du préjudice moral subi. Loffredo, mécontent de la décision, interjette appel. En mai 2017, Nabe fait paraître le premier tome des Porcs amputé des quelques lignes demandées par Rondeau mais où Loffredo est plus présent et plus maltraité que dans le manuscrit. Dans un chapitre, Nabe fait même allusion à sa condamnation et aux retraits des passages du manuscrit, réalisant une mise en abyme entre le livre imprimé et son écriture :

t« Pour les lecteurs attentifs qui s’étonneraient de ne pas savoir ce qu’est devenu Yves depuis que nous l’avons laissé en piteux état dans la boîte Le VIP à trois heures du matin, il faut savoir que dix ans après, cette ordure de Loffredo et son horrible mégère Virginie Hairanian m’intenteraient (avant même que ce livre ne sorte) un procès pour “atteinte au droit au respect de la vie privée”. Procès grotesque qui sera raconté dans quelques milliers de pages... Le juge a jugé bon que je retire de ce chapitre cet “épisode qui, en termes crus, se montre particulièrement dégradant sur les conséquences de l’alcoolisation du demandeur.”[2] »

Le 8 août 2017, Yves Loffredo intente deux nouvelles procédures contre Nabe, portant cette fois sur le livre lui-même, trois mois jour pour jour après son lancement (dernier jour du délai légal durant lequel une procédure peut être lancée) : la première pour injures, la seconde pour atteinte aux droits d’auteur et au respect de la vie privée.

Le 20 septembre, Nabe à son tour lance une citation directe à l’encontre de Loffredo, dénonçant la diffamation d’arguments jugés mensongers contenus dans les assignations rédigées par maître Brault[3]. Après une audience tenue au TGI de Paris le 23 février 2018, la citation sera frappée de nullité[4].

Dans le numéro 7 de Nabe’s News (25 septembre 2017), 12 proches de Nabe ont tenu à témoigner contre la procédure de Loffredo, parmi eux Pierre Robin, Rafaël Goldoni, dont Loffredo s’était fait des amis, mais également Laurent Bosc, Thomas Codaccioni, Valentin Ribolla...

Le 20 décembre 2017 a donc lieu le procès qu’Yves Loffredo a intenté contre Les Porcs. Avocat de Nabe : Isabelle Coutant-Peyre, avocat de Loffredo : maître Brault. Verdict : le 21 février 2018, la 17e chambre du Tribunal de grande instance de Paris condamne Marc-Édouard Nabe à payer 4 000 euros de dommages et intérêts à Yves Loffredo, « en réparation du préjudice moral résultant pour lui de l'atteinte à sa vie privée dans le livre Les Porcs », ainsi qu’à un euro pour atteinte aux droits d'auteur et 3 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Par sa décision, le tribunal reconnaît à Loffredo le droit d’auteur exclusif sur la « couverture noire », signe distinctif de la charte de l’anti-édition pourtant concoctée avec Marc-Édouard Nabe.

Mais l’épisode judiciaire Nabe-Loffredo se poursuit : le 13 juillet 2018, où Nabe est convoqué au TGI pour injures publiques. Devant la charge de la procureure de la République contre lui, l’écrivain renonce à se défendre, à l’admiration de maître Brault, l’avocat même de Loffredo. L’auteur des Porcs est condamné le 26 octobre 2018 à 3 500 euros (dont 500 euros d’amende), ce qui fait monter l’argent demandé par Loffredo à rien moins que 19 000 euros (dont 7 000 euros au dépens), « dont il n’a pas encore sollicité le règlement dans un esprit d’apaisement » (dixit maître Brault)[5].

Les affaires Loffredo ont fait l’objet d’articles et de montages photo dans plusieurs numéros de Nabe’s News, la « gazette numérique » de l’écrivain lancée en juin 2017 :

  • « Le con inconnu »[6]
  • « Loffredo estime que son ego vaut 56.000€ ! »[7]
  • « Loffredo en train de travailler dans la galerie »[8]
  • « Les trois derniers amis-connards de Loffredo : 1) Arnaud Lesueur, la tête de con de l’agence Australie ; 2) Manuel Roustan, le DA freelance bio et queutard ; 3) Philippe Caron, le plus mauvais prof du studio Berçot »[9]
  • « Yves Loffredo : Achtung Judas ! »[10]
  • « La folie Loffredo »[11]
  • « Scoop : Loffredo, dealer de Reggae ! »[12]
  • « Quand Yves Loffredo se régalait à lire le manuscrit des Porcs (Aix-en-Provence, 2013)[13]
  • « Le Chocolat Poulain sait-il qu’il a engagé un ancien skinhead (Yves Loffredo) pour faire son clip de pub ? »[14]
  • « Dernier procès Loffredo »[15]
  • « Nabe régale encore Loffredo (3500€) »[16]

À noter : dans la partie promotion de la gazette, à plusieurs reprises, Nabe annonce la publication imminente d’un pamphlet contre Loffredo, publié en anti-édition, dans la « collection noire », bien sûr et intitulé Yves Loffredo. 10 janvier 1966 - 21 février 2018 (sa date de naissance et sa date de mort symbolique pour Nabe, puisque c’est celle où son ancien directeur artistique a réussi à le faire condamner).

Couverture de Yves Loffredo. 10 janvier 1966 - 21 février 2018

En mai 2020, dans le numéro 25 de Nabe’s News, un article signé Anthoine Carton raconte une rencontre inopinée avec Yves Loffredo, en plein Paris, avec un dialogue dans lequel Loffredo revient sur les procès, en reprochant à Anthoine, mais aussi à Valentin Ribolla (qu’il appelle « l’autiste d’Aix-en-Provence »), d’avoir signé des attestations contre lui versées au dossier de Nabe lors du procès intenté par Loffredo en janvier 2017 contre le manuscrit du premier tome des Porcs.[17]

Citations

Loffredo sur Nabe

  • « C’est un épisode que je n’oublierai pas, me dirait des années plus tard Yves, contrit... Je l’ai toujours vu comme le symbole de ta vision sur l’importance qu’allait prendre ce phénomène et sur sa nocivité qu’on pensait minoritaire et sans avenir... Ni Vergès, ni Moody, ni moi n’avions vu le coup venir. Chacun à sa manière, on snobait la merde. Toi, tu avais déjà repéré la crevasse, et tu t’apprêtais à descendre au fond... Nous, on n’avait pas ton genre spéléologue ! » (à propos du complotisme, retranscrit dans Les Porcs tome 1, 2017, p. 847)

Nabe sur Loffredo

  • « Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de rester dans l’Histoire comme les censeurs de Marc-Édouard Nabe. Il y avait bien d’autres moyens de se parler. Le lendemain de sa première lecture du texte que nous lui avons envoyé en toute complicité, Yves s’était radouci et était prêt à venir me voir pour qu’on modifie ensemble les passages qui le gênaient, et puis silence. Il a commencé par briser son engagement de verser à l’imprimeur l’acompte pour notre livre, puis silence encore, puis il m’a fait livrer les huit cartons de Patience que vous aviez en dépôt dans votre cave, puis ce fut cette affreuse visite matinale d’un huissier m’assignant en justice, pour la toute première fois dans ma vie, et par Yves Loffredo !
Bien des personnages “offensés” dans mon journal intime m’ont fait la gueule, ont rompu avec moi, m’ont calomnié et finalement ont attendu que ça passe… J’ai toujours accepté la rupture, mais être convoqué par un proche au tribunal dans le but d’empêcher mon livre de sortir et de réclamer de l’argent à un artiste dont vous savez mieux que personne qu’il n’en a pas, est une singularité qui ne pourra pas, d’une quelconque manière, se retourner à votre avantage. La machine que vous enclenchez là risque de donner à Yves une réputation bien plus grave que celle qu’il craint d’avoir après la publication de notre livre…
Pendant dix ans, vous avez eu assez de temps pour me connaître et m’approuver, et même critiquer sans retenue les anciens “amis” qui m’avaient trahi pour des questions d’orgueil. Voilà pourquoi votre assignation enrichie de bien des pièces désobligeantes et même déshonorantes m’a particulièrement blessé. Je pense que ça suffisait comme “punition”. (Mail de Nabe à Virginie Hairanian, 18 janvier 2017)
  • « Le problème, c’est que le livre annoncé n’était pas encore paru ! Yves avait tellement foiré les délais avec l’imprimeur que celui-ci avait pris du retard. Et ça n’avait pas l’air de s’arranger. J’étais évidemment furieux et j’exigeai que ce con de Loffredo, incompétent, traînard, emberlificoteur, irresponsable, parte immédiatement pour Grenoble afin de nous ramener un exemplaire qu’on puisse juger sur pièce.
Sous la neige, le pauvre Napolitain, ex-skinhead, avec sa veste kaki, prit le train à l’aube et passa toute la matinée avec les Deux-Ponts, notre imprimeur grenoblois, pour nous ramener la chose... Je l’attendais avec ma correctrice Marlyne à la brasserie du Train bleu... Elle-même, en voyant le visage livide d’Yves, que pourtant elle avait toujours trouvé totalement à côté de ma plaque, eut pitié de lui. Surtout quand je m’acharnai à me foutre de sa gueule.
C’est comme un chien au poil givré par le froid, la tête teckelienne et le yeux tombants, l’air plus drogué que jamais, qu’Yves nous arriva, le livre entre les jambes... Ce n’est pas tout à fait le livre, mais surtout le “monstre” amélioré. Horreur ! Ils avaient imprimé sur du papier blanc au lieu du papier crème ! Mais avait-ce été bien stipulé ? Pas sûr. Yves était effondré. Évidemment, ils avaient été mal briefés par monsieur Loffredo, l’anti-anticipateur de conneries ! Tout était fautif : les marges, l’encrage, la main du papier. Seule la couverture en jetait. Yves nous jura qu’il avait donné toutes les instructions et que le livre allait s’imprimer définitivement une semaine plus tard, le quatorze. Beaucoup trop tard !
Avec ses Deux-Ponts, Loffredo était tout simplement en train de me foutre ma rentrée en l’air ! Que dis-je ma rentrée, mon retour ! Il était si penaud, la gueule écrasée comme par une tapette à souris, que je le relâchai charitablement. » (Chapitre CCLXXXIV « Un incompétent sous la neige », Les Porcs tome 1, 2017, p. 883)

Collaboration avec Nabe

Intégration littéraire

Notes et références

  1. Marc-Édouard Nabe, Chapitre LXXIII « Entrée d’Yves », Les Porcs tome 1, anti-édité, 2017, pp. 240-241.
  2. Marc-Édouard Nabe, Chapitre CLIX « Yves ivre », Les Porcs tome 1, anti-édité, 2017, pp. 491-492.
  3. « Nabe contre-attaque : citation directe contre Loffredo », Nabe’s News n°12, 28 février 2018, lire : http://www.nabesnews.com/nabe-contre-attaque-citation-directe-contre-loffredo/
  4. « Nabe sur son “41” », Nabe’s News n°12, 28 février 2018, lire : http://www.nabesnews.com/nabe-sur-son-41/
  5. « Nabe régale encore Loffredo (3500€) », Nabe’s News n°20, 25 mars 2019, lire : http://www.nabesnews.com/nabe-regale-encore-loffredo/
  6. « Le con inconnu », Nabe’s News n°7, 25 septembre 2017, lire : http://www.nabesnews.com/yves-loffredo-le-con-inconnu/
  7. « Loffredo estime que son ego vaut 56.000€ ! », Nabe’s News n°7, 25 septembre 2017, lire : http://www.nabesnews.com/yves-loffredo-lhomme-qui-estime-que-son-ego-vaut-56-000e/
  8. « Loffredo en train de travailler dans la galerie », Nabe’s News n°7, 25 septembre 2017, lire : http://www.nabesnews.com/eclats-de-nabe-yves-loffredo/
  9. « Les trois derniers amis-connards de Loffredo : 1) Arnaud Lesueur, la tête de con de l’agence Australie ; 2) Manuel Roustan, le DA freelance bio et queutard ; 3) Philippe Caron, le plus mauvais prof du studio Berçot », Nabe’s News n°10, 31 décembre 2017, lire : http://www.nabesnews.com/les-trois-derniers-amis-connards-de-loffredo/
  10. « Yves Loffredo : Achtung Judas ! », Nabe’s News n°12, 28 février 2018, lire : http://www.nabesnews.com/yves-loffredo-achtung-judas/
  11. « La folie Loffredo », Nabe’s News n°12, 28 février 2018, lire : http://www.nabesnews.com/la-folie-loffredo/
  12. « Scoop : Loffredo, dealer de Reggae ! », Nabe’s News n°12, 28 février 2018, lire : http://www.nabesnews.com/petite-entreprise-secrete-de-loffredo/
  13. « Quand Yves Loffredo se régalait à lire le manuscrit des Porcs (Aix-en-Provence, 2013) », Nabe’s News n°12, 28 février 2018, lire : http://www.nabesnews.com/quand-yves-loffredo-se-regalait-a-lire-le-manuscrit-des-porcs-aix-en-provence2013/
  14. « Le Chocolat Poulain sait-il qu’il a engagé un ancien skinhead (Yves Loffredo) pour faire son clip de pub ? », Nabe’s News n°12, 28 février 2018, lire : http://www.nabesnews.com/le-chocolat-poulain-engage-yves-loffredo-un-ancien-skinhead-pour-faire-son-clip-de-pub/
  15. « Dernier procès Loffredo », Nabe’s News n°17, 12 octobre 2018, lire : http://www.nabesnews.com/dernier-proces-loffredo/
  16. « Nabe régale encore Loffredo (3500€) », Nabe’s News n°20, 25 mars 2019, lire : http://www.nabesnews.com/nabe-regale-encore-loffredo/
  17. « Les rencontres inopinées d’Anthoine Carton. 2) Yves Loffredo », Nabe’s News n°25, 11 mai 2020, lire : http://www.nabesnews.com/les-rencontres-inopinees-d-anthoine-carton-2-yves-loffredo/